Politique Française -
MJC 31
- 28 février 2006
Avec cynisme, le gouvernement présente le Contrat Première Embauche comme une réponse au chômage massif, qui touche 25% des jeunes, et à la récente explosion de colère de la jeunesse des banlieues, dont près de 40% est sans emploi.
Le CPE ne fera pas baisser le chômage - pas plus que le CNE ou n’importe quel autre emploi précaire. Les patrons n’embauchent que lorsqu’ils en ont besoin. Par contre, le CPE pèsera sur les conditions de travail et les salaires. Il augmentera la rentabilité de chaque heure travaillée. Et lorsqu’un patron voudra se débarrasser d’une partie des salariés de son entreprise, il commencera par ces travailleurs précaires.
L’objectif du CPE, c’est d’augmenter les profits au détriment des salariés. Des contrats comme le CNE et le CPE mettent les salariés dans la quasi-impossibilité de revendiquer quoi que ce soit face à leur employeur. Les titulaires d’un CPE qui oseront se syndiquer ou faire grève seront rapidement licenciés. Celui qui ne se soumettra pas à la pression et aux caprices de sa direction courra le même risque. Ainsi, le CNE et le CPE ouvrent la porte à un renforcement considérable du harcèlement moral que subissent déjà, au quotidien, un grand nombre de salariés.
Le CPE ne menace pas seulement la jeunesse. Du fait de la concurrence des salariés sur le marché du travail, ce contrat ultra-précaire exercerait une pression à la baisse sur les conditions de travail et le salaire de tous les travailleurs, quel que soit leur âge. Par ailleurs, il est clair que le gouvernement Villepin souhaite généraliser ce contrat. Il faut frapper un grand coup !
Le développement de la crise du capitalisme, le déclin de la France sur le marché mondial et son endettement colossal signifient que, du point de vue des intérêts de la classe dirigeante, la destruction de nos acquis sociaux est devenue une nécessité incontournable. Le gouvernement a donc placé une bombe dans le code du travail. Pour la désamorcer, il faut une mobilisation massive des lycéens, des étudiants et des salariés.. La préparation d’une grève générale - de 24 heures, pour commencer - ouvrirait la perspective d’une victoire.
Les médias pro-capitalistes ironisent sur la prétendue « faiblesse » du mouvement d’opposition au CPE. Ils ne perdent rien pour attendre. De contre-réformes en régression sociale, la société française a accumulé, au cours de ces dernières années, une immense quantité de gaz explosif. La révolte des banlieues était un avertissement. La jeunesse et les travailleurs de France ne tolèreront pas indéfiniment que des acquis sociaux vieux de plusieurs décennies soient mis en pièce. Il y a un revers aux souffrances et aux humiliations que ce système en faillite impose à la masse de la population : de plus en plus de gens cherchent une alternative.
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