Politique Française -
MJC 31
- 21 novembre 2006
Le passage de Marie-George Buffet à Toulouse a fourni une nouvelle preuve de l’importante capacité de mobilisation du PCF. De toute évidence, malgré les difficultés qu’il a connu au cours de la dernière période, le PCF dispose d’une considérable réserve de soutien dans la population.
Le meeting organisé dans le Parc des Expositions, jeudi soir, a réuni plus de 1500 personnes. Marie-George a été chaleureusement applaudie pour ses attaques contre la politique ultra-réactionnaire de la droite. A plusieurs reprises, elle a démontré comment les médias faussaient les enjeux politiques dans l’intérêt de la droite, en dissimulant les vrais problèmes qui se posent pour les travailleurs et leur famille. Dans la journée, avant le rassemblement au Parc des Expositions, Marie-George Buffet est allée à la rencontre des salariés d’Airbus pour débattre avec eux de l’avenir de l’industrie, ainsi qu’à l’Université de Toulouse-Le Mirail, où elle a pris la parole devant plus de 200 étudiants, aux côtés de Naiké Caldéra, secrétaire de l’UEC du Mirail et militant de La Riposte.
Naiké a mis en évidence les conséquences dramatiques de la régression sociale qui frappe de plein fouet la jeunesse. « Un an après la révolte des banlieues, rien n’a été réglé », a-t-il dit, dans ces cités périphériques « où le taux de chômage avoisine parfois les 40 % » La cause des émeutes résidait dans « la discrimination sociale et raciale dont les jeunes de ces cités sont victimes ». Naiké a insisté sur la nécessité d’unir toute la gauche pour chasser la droite en 2007. Mais il a également insisté sur la nécessité de tirer les leçons du passé. Il fallait reconnaître, a-t-il dit, qu’« après 15 ans - sur les 25 dernières années - pendant lesquels la gauche a été au pouvoir, aucun des problèmes fondamentaux n’a été résolu ». Puis il a revendiqué la mise en œuvre d’un véritable programme socialiste, qui mettrait fin à la propriété capitaliste « des banques, des grands groupes industriels et de la grande distribution ».
Après son exposé et son appel à un « large rassemblement anti-libéral », Marie-George Buffet a été interpellée sur sa position concernant le bilan du dernier gouvernement de gauche, et sur son attitude à l’égard d’une éventuelle participation du PCF dans un futur gouvernement socialiste. Elle a répondu que la raison de la défaite de la gauche, en 2002, était essentiellement de n’avoir pas osé faire face aux pressions capitalistes. « Certains ne veulent pas en tirer les leçons », a-t-elle dit, « mais je fais partie de ceux qui disent qu’on s’est trompé, et qu’il ne faut pas refaire les mêmes erreurs. […] Si la politique du prochain gouvernement devait être axée sur les mêmes orientations libérales, je ne me vois pas appeler les communistes à s’y associer en acceptant de participer au gouvernement. » En même temps, la secrétaire nationale du PCF a dit qu’il faudrait appeler à voter pour les candidats socialistes aux deuxièmes tours, de façon à faire barrage à la droite, pour ne pas prendre le risque de lui permettre de revenir au pouvoir. C’est sous les applaudissements que Marie-George quitta le Mirail, tandis que l’UEC recrutait un nouveau camarade de plus !