International -
MJC 31
- 3 avril 2009
Le texte publié ci-dessous a été adopté par la majorité de notre fédération. Pour avoir plus de signification, nous avons soumis ce texte à notre direction nationale, avec le courrier qui suit. Nous n’avons à ce jour aucune réponse.
—
Camarades,
Nous vous faisons parvenir un document rédigé par le Sindicato de Estudiantes, le plus grand syndicat étudiant d’Espagne. Il s’agit d’un manifeste international d’organisations révolutionnaires de jeunesse en défense de l’enseignement public et contre les privatisations, présenté pour la première fois lors du congrès du Sindicato, qui eu lieu fin Novembre 2008. Nous l’avons traduit en français.
En effet, nous partageons entièrement ce qui est dit dans cet excellent document. Nous pensons qu’il explique clairement quelle est la situation actuelle, et quelle est notre attitude face à la crise. Ce manifeste serait d’une grande d’aide dans la diffusion de nos idées. La lutte pour le renversement du capitalisme se doit d’être menée à l’échelle internationale, et ce texte montre clairement que les idées du marxisme authentique sont défendues dans de nombreux pays.
Pour ces raisons, réunis en assemblée fédérale le 3 mars 2009, nous avons adopté ce document à une large majorité et nous pensons que le MJCF devrait s’associer à cet appel international.
En attendant votre réponse, camarades, recevez nos fraternelles salutations, les Jeunes et Etudiants Communistes du 31.
— -
Que la crise soit payée par ceux qui en sont responsables : les capitalistes !
Les Jeunes Communistes de Haute-Garonne publient ce manifeste signé par le BPJ de El Salvador, le CLEP-CEDEP du Mexique, le CSP-CSU d’Italie, les Jeunesses Révolutionnaires du Brésil (Juventude Revoluçao), et le Syndicat des Etudiants d’Espagne (Sindicato de Estudiantes). Nous partageons entièrement les idées qui y sont développées.
Toutes les organisations signataires de ce manifeste s’engagent à défendre dans chacun de leur pays respectif l’enseignement public, à lutter contre les plans de privatisations existants, et à faire en sorte que ce ne soit pas les jeunes et les travailleurs qui payent la crise économique engendrée par le système capitaliste lui-même.
1. Le système capitaliste se trouve affecté par une crise qui a pris des proportions historiques. La récession économique s’étend comme une tache d’huile sur toute la planète, touchant tous les pays, tous les continents et menaçant le présent et le futur de millions de familles travailleuses. Jusqu’alors, toutes les décisions adoptées par les gouvernements, toutes couleurs politiques confondues, n’ont eu qu’un seul bénéficiaire : les grandes banques, les grands monopoles et les grands spéculateurs, ceux-là mêmes qui sont responsables du chaos économique et de la crise que nous devons subir. En quelques semaines ont été approuvés des plans d’aide qui destinent des milliards d’euros à la grande finance, alors que l’on détruit des millions de postes de travail et qu’on adopte des mesures pour privatiser des services publics essentiels comme la santé et l’éducation.
2. Nous, signataires de ce manifeste, organisations révolutionnaires d’étudiants, considérons que le responsable de cette hécatombe a un nom : c’est le système capitaliste, un système basé sur la propriété privée des moyens de production, et dont le moteur est la lutte pour le maximum de bénéfices. Toutes les décisions prises pour sortir de la crise ont révélé que ce qu’on appelle « démocratie » capitaliste n’est rien d’autre qu’une dictature du capitalisme financier et des monopoles. Une poignée de grands capitalistes dans le monde, que personne n’a élus, pour lesquels personnes n’a voté, régissent le destin de l’humanité. Cette oligarchie d’intouchables concentre un patrimoine équivalent aux revenus des deux tiers de la population mondiale, et est responsable de la précarisation générale qui touche les jeunes travailleurs, de la destruction massive des emplois, des attaques contre les dépenses publiques destinées à l’éducation, la santé et aux prestations sociales, et de la barbarie à laquelle sont condamnées des millions de personnes sur des continents entiers. Pour sauvegarder ses sacro-saints bénéfices, cette poignée de grandes banques et de multinationales ne se pose aucune limite : elle n’hésite pas à organiser une obscène et criminelle spéculation alimentaire, ou à provoquer des guerres impérialistes qui condamnent à mort des millions d’innocents.
3. La crise du capitalisme, cependant, révèle aussi un autre aspect. Dans le monde entier, on observe de profonds changements dans la conscience de millions d’opprimés qui finiront par ébranler le système jusqu’à ses fondements. Des millions de travailleurs, de jeunes, de paysans se demandent aujourd’hui quel sens il y a à maintenir ce système en décrépitude. L’ampleur de cette crise, que tous comparent au krach de 1929, provoquera des effets politiques proportionnels à ce qui se passa ces mêmes années : une authentique explosion de la lutte des classes dans le monde entier. Et dans ces événements formidables, la jeunesse étudiante occupe déjà sa place à l’avant-garde de la lutte. En Italie, dans l’Etat espagnol, en Allemagne, en France, en Grèce, au Chili, au Mexique, au Salvador, au Maroc… les jeunes étudiants sont en train de livrer une dure bataille pour défendre l’enseignement public, laïque, démocratique et scientifique, leurs droits démocratiques et un futur qui vaudra la peine d’être vécu.
4. Mais les problèmes des étudiants sont communs à ceux de l’ensemble de la société. En tant qu’organisations révolutionnaires des étudiants, nous considérons que notre lutte fait partie d’une autre plus grande encore, la lutte de la classe ouvrière, la lutte des travailleurs, pour défendre leurs emplois, leurs salaires, un présent décent pour leurs familles et un futur digne pour tous. Cette chose qui provoque la fermeture des entreprises, les délocalisations, les privatisations, les difficultés salariales est la même qui privatise l’éducation ou la santé, qui organise la répression contre les travailleurs et les jeunes qui luttent. C’est la crise du capitalisme, et la nécessité pour la classe dominante d’arracher aux travailleurs la moindre portion de plus-value dans le but de maintenir ses taux de bénéfices. Par conséquent, la cause des étudiants est la même cause que celle de la classe ouvrière, c’est pourquoi, nous avons besoin d’unir nos forces dans un front de classe pour combattre les attaques des capitalistes et les conséquences de leur crise.
5. La lutte pour défendre l’emploi, les salaires, les services publics, les droits démocratiques… aujourd’hui menacés par la crise du capital, exige un programme révolutionnaire et socialiste. Les problèmes des travailleurs et de la jeunesse ne peuvent être résolus définitivement dans les limites du capitalisme. Tous ceux qui défendent un capitalisme à visage humain, régulé et contrôlé, au bout du compte, mettent de côté la question fondamentale : entre quelles mains se trouve la richesse que la classe ouvrière mondiale génère par son travail, qui la contrôle et à quelles fins. La crise du capitalisme signifie un authentique cauchemar et n’a rien d’une nécessité. Il n’y a aucune justification à cette destruction massive des forces productives, des usines et des postes de travail, alors même que l’humanité doit faire face à tant de carences, que des millions d’hommes, de femmes et d’enfants se débattent dans une lutte quotidienne pour leur survie, noyés dans une mer de misère, de dénutrition, de violence impérialiste, de prostitution et d’analphabétisme.
6. Aujourd’hui plus que jamais, il est nécessaire d’organiser la majorité de la jeunesse du monde entier, et la classe ouvrière, sous le drapeau de la révolution socialiste, sous les idées de Marx, Engels, Lénine, Trotsky et Rosa Luxembourg qui se sont avérées plus de 100 fois correctes. Oui, il y a une solution à cette crise, mais ce n’est pas celle d’un capitalisme à visage humain, mieux géré ou plus « éthique ». L’alternative est dans la lutte organisée de la classe ouvrière et de la jeunesse, de tous les opprimés, jusqu’à obtenir l’expropriation des banquiers, des grands monopoles, des grands propriétaires terriens, et placer la richesse du monde sous le contrôle démocratique de la majorité de la société. Ceci est l’unique alternative réaliste, exproprier les expropriateurs, et construire les bases d’une économie mondiale planifiée et socialiste, où la lutte pour le maximum de bénéfices, la propriété privée des moyens de production et l’Etat national seraient définitivement jetés à la poubelle de l’histoire. Dans ces conditions il serait absolument viable de garantir le plein emploi, le droit au logement, la santé et une éducation publique de qualité et, bien-sûr, l’authentique démocratie, la démocratie ouvrière. Oui, il y a une alternative qui permet d’utiliser toute la créativité merveilleuse dont est capable le genre humain, et cette alternative s’appelle SOCIALISME MONDIAL.
7. Nous, organisations signataires de ce manifeste, faisons un appel à tous les jeunes étudiants du monde, à toutes les organisations étudiantes qui luttent contre le capitalisme, pour unir nos efforts et construire un front unique pour combattre la privatisation de l’enseignement public, défendre les emplois et les salaires. De même, nous nous engageons à coordonner nos efforts de mobilisation et à nous défendre face à n’importe quelle attaque répressive contre nos organisations et contre l’ensemble du mouvement étudiant.
En el XIV Congreso del Sindicato de Estudiantes, Madrid, 23 de noviembre de 2008.