JC 31
Lutte de classe en France

voir + Politique Française - MJC 31 - 11 avril 2006

La jeunesse est touchée de plein fouet par le chomage : 23% des jeunes sont sans emploi (alors que la moyenne nationale frôle les 10 % pour l’ensemble de la population active) et ce taux atteint les 40% dans les banlieues ! Le gouvernement prend subitement "conscience" de la situation extrèmement précaire dans laquelle se retrouvent tout les jeunes qui arrivent sur le marché du travail et l’ensemble des salariés à la recherche d’un emploi. Alors, pour soi disant faire baisser le taux de chomage, il invente un nouveau contrat précaire : le CNE, et son extension pour tous les jeunes de moins de 26 ans, le CPE…

Nous vivons dans une société de classe : d’un coté se trouve ce que Marx appellait la "bourgeoisie", c’est-à-dire une poignée de grands capitalistes qui a la main mise sur l’économie (15 familles françaises contrôlent à elles seule 38% du CAC40 !) et de l’autre se trouve le "prolétariat", ou si on préfère, les salariés, qui représentent 86% de la population active.

L’affrontement entre ces deux groupes est inévitable : on ne peut pas satisfaire et le capitaliste et le salarié. C’est sur ce fait, l’existence de classes aux intérêts antagoniques et irréconciliables, que se base la lutte des classes. Le CPE (et le CNE) illustrent parfaitement cette lutte : l’opposition d’intérêts y est flagrante ! Allez demander à n’importe quel patron ou au medef ce qu’ils pensent du CPE, ils vous répondront que c’est une merveille. De leur point de vue, ça l’est. Maintenant allez demander son avis à n’importe quel ouvrier un minimum sensé ou à un véritable syndicat des travaileurs, ils vous diront qu’ils s’y opposent catégoriquement. C’est simple : les arguments que le medef avance pour faire passer le CPE sont ceux que les syndicats des salariés avancent contre le CPE !

De Villepin et l’ensemble du gouvernement se sont lancés dans cette fameuse "bataille pour l’emploi". Eux l’ont compris, il s’agit bien d’une "bataille". Sauf que dans cette bataille, De Villepin défend les intérêts de la classe qu’il représente : la classe capitaliste nationale. A nous de nous organiser afin de pouvoir nous aussi nous engager dans cette bataille en y mettant toutes nos forces, et défendre nos propres inérêts. De Villepin et le gouvernement comprendra alors qu’il a à affronter un adversaire de taille : la jeunesse et les salariés. Et il ne peut y avoir qu’un seul vainqueur.

Boris Campos




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