JC 31
Le Clandé de Toulouse
Le Clandé de Toulouse

voir + Politique Française - MJC 31 - 21 novembre 2006

C’est en 1994 que naissait le CLANDE, issu de la volonté de créer un lieu de rencontre/débats pour les associations, d’accueil artistique d’expositions et de concerts. Le collectif des Chômeurs et Précaires, celui du Chiapas, Act Up et d’autres s’investissent dans le réparage en ville d’une maison vide susceptible d’abriter le projet.

En 1995, une maison est repérée : inhabitée depuis 10 ans, vandalisée, ancien "bar américain" en plein centre ville, elle a toutes les raisons selon le collectif d’être occupée. Le "squat" commence, et rapidement, le propriétaire des murs, la Ligue contre le Cancer, accepte de signer un bail : le Clandé devient alors une association loi 1901 qui, pour 500 francs par mois loue la maison du 9 rue Quéven. La ligue ne souhaite qu’une chose, la promesse que les squatteurs partent le jour où elle vendra les murs.

Toutes ces années, les relations avec le voisinage ont été excellentes, les commerçants des alentours soutenant l’association. Des groupes de musique du monde entier sont venus au Clandé (de Hongrie, d’USA, de Tchékie, d’Espagne…) pour des concerts de punk, de jazz, de musique du monde. Pendant 5 ans, le Clandé est le lieu de rendez-vous des associations toulousaines. La maison du 9 rue Quéven devient incontournable dans le paysage associatif et artistique. Tout le monde connaît le Clandé, même de nom. C’est une salle de réunion, un lieu d’exposition, une salle de concert, une friperie, une bibliothèque, un atelier informatique, un atelier de lithographie, une salle de répétition, un lieu d’habitation temporaire pour les sans papiers ou les gens en situtation difficile.

Lorsqu’en 2000, la Ligue vient avec une promesse de vente, les occupants acceptent de faire visiter la maison qu’ils ont rhéabilité. Mais ils décident de se battre pour garder ce lieu d’expression populaire. Ils lancent une campagne nationale contre la Ligue : "la Ligue n’est qu’un promoteur immobilier qui veut faire de l’argent au même titre que les capitalistes". Le scandale de l’Arc bat son plein, la Ligue recule alors devant la pression médiatique et populaire.

De 2000 à 2006, la Ligue se tourne vers les autorités et demande l’intervention des forces publiques pour procéder à l’évacuation de la maison. Alors que tous les préfets sans exception refusent d’intervenir, M.VIAU, nouveau préfet, nommé en juillet 2006, décide de "passer à l’action", dans la droite ligne de la politique de Sarkozy.

Tout s’enchaîne alors très vite. Le 26 octobre 2006, à 10h, l’expulsion a lieu par la force par Mr Chenevoto (Ligue Contre le Cancer), deux vigiles privés, un serrurier, 2 maçons et 20 policiers. Ils refusent le droit au déménagement, invoquant un rendez-vous plus tard. L’info circule. Un rassemblement spontané s’opère devant le Clandé. A 11h les CRS charge rue Quéven sans sommation. Résultat : 2 blessés sérieux et l’arrestation d’un passant qui, choqué, avait pris une photo avec son téléphone portable.

A 11h30 : les différents collectifs composant le Clandé décident le blocage par des barricades du boulevard Alsace Lorraine en signe de protestation contre la violence de l’expulsion et l’expulsion elle-même. Et durant toute la journée, c’est en divers endroits de la ville que des blocages seront organisés afin d’avertir la population.

Le soir, à 20h, c’est une assemblée de 300 personnes, dont les commerçants du marché du Crystal ayant assisté à l’expulsion, qui décide de partir en manifestation de la Chapelle vers la place du Capitole. Puis les manifestants décident de réinvestir le site du Clandé ; l’agent de sécurité et son chien se font sortir sans violence : le Clandé est à nouveau ré-ouvert, c’est la réappropriation sociale !

Le Clandé est plus que jamais décidé à garder son droit à l’expression, et n’en déplaise à Messieurs Moudenc, Viau, et Sarkozy, l’occupation du 9 rue Quéven se prolongera.

Le but pour le collectif aujourd’hui est de mobiliser au maximum la population dans la défense de ses droits, et de faire en sorte que le Clandé serve d’exemple de lutte, une lutte qui est victorieuse grâce à la mobilisation massive.

Pour la réappropriation sociale de tous les immeubles vides de Toulouse !

Et un et deux, et trois Clandé !

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Le blocage du Boulevard Alsace Lorraine.
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La charge des CRS.
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Les CRS bloque la rue Quéven pour empêcher les occupants de réinvestir le site.
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Un occupant blessé par les CRS à la tête.



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