Histoire -
Némo
- 15 décembre 2008
Le 9 octobre 1967, Ernesto Che Guevara est froidement abattu après avoir été torturé par des agents de la CIA alors qu’il menait la lutte révolutionnaire en Bolivie. Ces méthodes que l’on attribue bien trop souvent aux révolutionnaires sont des méthodes pratiquées par les grandes puissances mondiales dites démocratiques mais avant tout bourgeoises. Il est facile d’accuser lorsque l’on a pour soi les médias, le pouvoir et la propagande adéquate, mais il est difficile de répondre lorsque l’on essaie de nous bâillonner.
Mais le Che n’est pas mort, il vit encore sur des T-shirts, sur des couvertures de magazines ou sur des sacs et autres badges, enfin une image qui se voudrait être la sienne vit ici. Devenu objet marketing, Guevara doit, à l’heure qu’il est, se retourner dans sa tombe. Oubliée la lutte armée contre le capitalisme, oubliés les engagements auprès de l’URSS et oublié le révolutionnaire communiste qui a consacré sa vie au socialisme.
La pensée de Bouddha exprime une idée qui me semble des plus adéquate : un bouddhiste ne doit pas posséder plus d’une représentation de Bouddha car on ne veut pas développer un culte de la personnalité mais bien une philosophie en inspirée de la pensée d’un homme éclairé. L’important n’est pas l’homme c’est son parcours théorique et révolutionnaire.
Le Che, aux yeux du grand public, n’est plus maintenant que ce révolté sans causes, fougueux, idéalisé par cette célèbre photo devenue œuvre d’art avec Warhol mais surtout, aux yeux du monde bien-pensant qui nous entoure, devenu l’icône de la crise de l’adolescence. Là ou l’on peut reconnaitre un certain talent aux capitalistes, c’est dans cette géniale tactique de manipulation dont ils ont su faire preuve en transformant le loup noir du capitalisme en doux agneau du libéralisme. Beaucoup trop de vagues avaient été faites pour transformer le personnage en boucher ou tyran comme on a pu le faire avec son compagnon Castro, le personnage incarnait bien trop la figure du héros romantique pour être oublié comme d’autres ont pu l’être.
Alors vint cette solution perfide d’assassiner les idées du Che après l’avoir assassiné lui-même. Transformer un révolutionnaire convaincu en produit marketing ne doit pas être simple mais la manipulation des médias de masse aidant, la chose se fit aisément. D’abord, faire disparaitre tout ce qui pourrait se lier à l’idéologie du Che, le désolidariser du régime cubain dans le subconscient collectif en le présentant comme un dissident, omettre toutes les paroles qu’il a pu prononcer, omettre par-exemple, cette phrase qu’il a prononcé devant l’Assemblée Générale des Nations-Unies : « Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons à fusiller tant que cela sera nécessaire. Notre lutte est une lutte à mort. ». Le Che a été vidé de son essence, vidé de sa substance pour laisser place à ce fantôme, sorte de caution du pouvoir bourgeois lui permettant de créer sa propre opposition afin de renforcer sa dictature car il est trop facile pour un grand patron d’éditer des T-shirts à l’effigie d’un révolutionnaire dans une usine délocalisée en Chine et tout cela en quête de bénéfices !
Le pire dans toute cette manipulation est qu’elle a même été reprise par des figures médiatiques de la gauche dite révolutionnaire comme Olivier Besancenot, homme politique opportuniste et arriviste se réclamant de Guevara afin de se rendre sympathique aux yeux des masses ! On vide la substance de celui-là même de qui l’on se réclame !
Mais la vérité doit être rétablie ! Le Che n’était pas ce jeune homme romantique et révolté, il était avant tout un théoricien marxiste révolutionnaire qui a donné sa vie pour un monde dans lequel l’homme arrêterait d’exploiter l’homme. C’était un homme révolté oui mais un homme qui avait un objectif, un homme qui a tué pour cela c’est vrai mais il est mort en héros de la révolution socialiste, un homme en lutte contre le capitalisme ! C’était un homme convaincu, un homme qui se battait pour la justice.
Je dénonce aujourd’hui le détournement capitaliste mais également l’abus gauchiste et petit-bourgeois qui a été fait de l’image du Che, icône de la révolution socialiste sud-américaine et de la lutte contre le capitalisme mais je dénonce ici plus généralement la manipulation dont la masse salariale est aujourd’hui victime.
Il est temps pour le peuple de se réveiller, de se lever et de se battre contre ce monde qui fait passer le profit avant l’Homme, il est temps maintenant de se battre contre ce monde bourgeois qui fait d’un salarié un esclave, alors camarades : " Hasta la victoria, Siempre ! ".