JC 31
La révolution vénézuélienne ne se laissera pas décourager !
La révolution vénézuélienne ne se laissera pas décourager !

voir + International - MJC 31 - 6 décembre 2008

Dans la soirée du mardi 25 novembre, trois dirigeants syndicaux ont été assassinés à Aragua, au Venezuela. Richard Gallardo, secrétaire de l’UNT dans l’Etat d’Aragua, Luis Hernandez, secrétaire du syndicat des travailleurs de Pepsi-Cola, et Carlos Requena regagnaient leur véhicule, après avoir mangé dans un restaurant de La Encrucijada, lorsqu’un homme à moto a fait feu sur les syndicalistes. Tous trois venaient de passer leur journée à soutenir la lutte de 400 travailleurs de l’usine colombienne Alpina.

Les travailleurs ont occupé l’usine Alpina, exigé le paiement de leurs salaires et lutté contre la tentative des dirigeants de la multinationale de fermer cette usine. Le matin même, ils avaient été brutalement réprimés par la police régionale. Les trois syndicalistes avaient mobilisé les travailleurs d’autres usines, dans la localité, qui ont permis aux salariés d’Alpina de reprendre le contrôle des installations. Ils ont demandé la nationalisation de l’usine, sous contrôle ouvrier.

L’actuel gouverneur régional d’Aragua, Didalco Bolivar, avait été élu sur une liste pro-Chavez, en 2004, avant de passer à l’opposition, en même temps que son parti Podemos, lors de la campagne pour le référendum constitutionnel de 2007. Il a des liens étroits avec les capitalistes locaux et, pour défendre leurs intérêts, a systématiquement recouru à la répression policière contre les travailleurs, comme par exemple lors de la mobilisation des ouvriers de Sanitarios Maracay, en avril 2007.

Le mode opératoire de l’assassinat est le même que celui utilisé par les paramilitaires à la solde des patrons, en Colombie, pour assassiner et intimider des syndicalistes et des militants ouvriers. Des paramilitaires colombiens liés à l’oligarchie vénézuélienne sont d’ailleurs présents depuis plusieurs années, sur le territoire vénézuélien.

Dès qu’elle a appris la nouvelle, l’UNT d’Aragua a immédiatement appelé à une journée de protestation dans toutes les entreprises et usines. Des milliers de travailleurs ont cessé le travail et sont descendus dans la rue, l’après-midi du vendredi 28 novembre. Ils étaient également des milliers à participer à la marche organisée pour les funérailles, le samedi. Des routes ont aussi été bloquées à Aragua et Carabobo.

Lors d’un meeting, Orlando Chirino, coordinateur national de l’UNT, a appelé les travailleurs à répondre à toutes les menaces du patronat en « occupant les usines et en demandant leur expropriation par le gouvernement » – un mot d’ordre que les camarades vénézuéliens du Courant Marxiste Révolutionnaire défendent depuis des années, et qu’ils réitèrent à cette occasion.

Le Mouvement des Jeunes Communistes du 31 se joint à la campagne Pas Touche au Venezuela pour condamner ces assassinats de dirigeants syndicaux dont le seul crime fut de défendre les intérêts de la classe ouvrière contre les intimidations et le terrorisme des capitalistes. Nous tenons à exprimer notre solidarité aux familles, aux amis et aux camarades de Richard Gallardo, Luis Hernandez et Carlos Requena. Nous en appelons au mouvement ouvrier international pour qu’il se mobilise contre ces assassinats politiques et réclame que ses auteurs soient traduits devant la justice.




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