Histoire -
MJC 31
- 29 octobre 2008
L’Eurocommunisme est apparu dans les années 70 en réaction à la politique menée par Brejnev, alors secrétaire général du Parti Communiste russe.
En effet, c’est à cette époque que les plus grands dirigeants des partis communistes européens occidentaux se rassemblent afin de définir un nouveau communisme qui ne s’aligne pas à la politique de Moscou. C’est à l’initiative de Georges Marchais pour le PCF, Enrico Berlinguer pour le PCI et Santiago Carillo pour le PCE que les différents partis communistes européens se rassemblent pour réfléchir ensemble à un projet d’avenir différent de celui de Moscou qui connait à cette époque un certains nombres de crises tels que le « Printemps de Prague » en 1968 ou encore la dégringolade du niveau de vie suite à l’arrivée au pouvoir de Brejnev.
Cette mouvance du communisme comptera en son sein les partis communistes de France, d’Espagne et d’Italie mais aussi du Royaume-Uni, des Pays-Bas et de Grèce. Sur le plan idéologique, l’eurocommunisme reste un communisme marxiste s’éloignant cependant du léninisme dont se réclame l’URSS. On reproche à Moscou les goulags, l’absence de libertés formelles et essentielles ou encore l’absence d’éléctions libres. Lors du XXVème congrès du PCUS, Enrico Berlinguer réclame un communisme « pluraliste » ou encore « multiforme », la même année, Marchais renonce au nom du PCF à la dictature du prolétariat qu’il juge irréalisable, la remplaçant par une solidarité des ouvriers de tous les pays du monde. Ce sera Sanitago Carillo qui théorisera l’eurocommunisme dans son livre Eurocomunismo y Estado publié en 1977.
L’eurocommunisme sera cependant un échec, en effet, le PCF se recadrera sur la politique soviétique dès 1981 afin de récupérer l’ électorat ouvrier que le PS était en train de lui voler, Santiago Carillo, père de l ’eurocommunisme, quitte le PCE en 1985, seul le PCI restera réellement aligné sur un eurocommunisme, il se dissoudra cependant en deux formations en 1991.
On peut cependant noter un certain succès de l’eurocommunisme d’un point de vue du rapport de force international puisqu’il s’agira de la seule force communiste qui arrivera à inquiéter les Etats-Unis dans le monde occidental durant la guerre froide.
Pour en savoir plus, voici un article d’ Aldo Rizzo pour Le Monde paru le 1er mars 1977 en cliquant ici.