Politique Française -
MJC 31
- 8 avril 2006
Depuis février maintenant, les journées de grèves et les manifestations regroupant les lycéens, les étudiants et les travailleurs contre le CPE s’élèvent au nombre total de 6 (2 manifestations en février, 3 en mars, et une en avril).
A chaque fois, c’est un nombre croissant de manifestants qui y participent. Plus de 3 millions de personnes était dans la rue en France, et à Toulouse, nous avons enregistré une mobilisation record qui dépasse les 50 000 personnes, la fourchette donnée étant entre 70 000 et 90 000 personnes !
La détermination est forte dans la jeunesse qui ne se laisse pas intimider par le mépris affiché du gouvernement. Les salariés, notamment du secteur privé, sont solidaires. C’est un grand moment que nous vivons, et nous arrivons ici à un tournant : quelles sont les perspectives du mouvement ? Plusieurs scénarios sont possibles, mais le plus probable semble être celui de la continuation du rapport de forces jusqu’à ce que l’une des deux parties en présence (d’un côté la droite capitaliste au pouvoir, de l’autre le salariat et la jeunesse) cède.
Le gouvernement, plus précisément Chirac, a fait appel à une commission de députés (réuni sous la houlette du député Accoyer) pour présenter des « améliorations » au CPE : il s’agit d’une plaisanterie puisqu’elles consistent à réduire la période d’essai de 2 à 1 an, et de solliciter le patron pour qu’il indique la raison du licenciement. Et aux niveaux des recours possibles, notamment aux Prud’hommes, ce sera le salarié qui aura à justifier son licenciement, alors que jusqu’ici c’était au patron de le justifier.
Ces "améliorations" ne sont même pas dignes d’être reçues, elles devraient être rejetées en bloc par l’intersyndicale. Dans ce contexte, on reste dans une situation de crise :
Soit le gouvernement recule, capitule, et c’est une grande victoire pour le mouvement social et la jeunesse qui risque par la suite de remettre ça pour le CNE et la loi d’égalités des chances : scénario improbable au vu de la position ferme qui a été adopté jusqu’à aujourd’hui. De plus, nous l’avons déjà vu sur le mouvement des retraites en 2003, Raffarin n’a pas « plié », mais il a sauté par la suite : on peut imaginer que Villepin soit sacrifié afin de passer en force, mais à ce moment-là, il n’est même plu question qu’il se présente aux présidentielles.
Soit le gouvernement ne recule pas du tout, ce qui semble être la stratégie adoptée, et mise sur un essoufflement du mouvement, et l’épuisement de la jeunesse qui voit arriver les vacances de Pâques, et les examens.
En ce qui concerne les Jeunes Communistes, quel est alors notre rôle, et quels sont nos mots d’ordre ?
Il faut réussir à faire prendre conscience à l’ensemble du mouvement (la jeunesse et les salariés) que seule une attaque des intérêts financiers de la classe capitaliste peut arriver à la faire reculer. En effet, la jeunesse est en train de sacrifier son éducation, et les salariés font de gros sacrifices financiers en perdant plusieurs jours de salaires. Mais que perd la classe capitaliste de son côté ? Rien, si ce n’est un très léger ralentissement de la production - mais qui reste encore très faible - avec la sortie en manifestation des salariés du privé.
Une grève générale de 24h pour commencer, permettrait d’attaquer là où ça fait mal : tous les secteurs du public comme du privé seraient bloqués, la production nationale y compris. Non seulement les capitalistes seraient plus à même de prendre au sérieux nos revendications, mais en plus, le salariat et la jeunesse prendraient conscience de leur propre force.
De plus, ce gouvernement n’a plus aucune légitimité depuis 2003. Le mouvement des retraites avait déjà rassemblé plus de 3 millions de personnes dans la rue ; les élections européennes et régionales en 2004 ont imposé une défaite cinglante à la droite capitaliste avec une très large majorité de régions à gauche ; en 2005, le NON au traité de la constitution européenne a frappé la droite encore un grand coup ; le mouvement des lycéens contre la réforme du bac et aujourd’hui encore la mobilisation et surtout la solidarité entre salariés et jeunes déstabilise la droite qui durcit encore plus ses positions, quitte à faire d’énormes bourdes (comme l’arrestation du secrétaire général de l’UNL, ou les déclarations agressives de De Robien).
C’est pour cette raison que les slogans fusent pour la démission de Villepin, que nous nous devons d’appuyer puisqu’elle est légitime. Mais nous devons pousser encore plus loin le mouvement en appelant à la démission du gouvernement dans son ensemble, à la dissolution de l’Assemblée Nationale, afin de provoquer de suite de nouvelles élections, sans attendre un an de plus que la droite assassine encore le peu d’acquis sociaux restants.
CONTRE LE CPE ! CONTRE LE CNE !
CONTRE LA LOI D’EGALITE DES CHANCES QUI MET EN PLACE LE CONTRAIRE !
POUR UNE GREVE GENRALE DE 24H !
DEMISSION DE VILLEPIN ET DE SON GOUVERNEMENT ! DISSOLUTION DE L’ASSEMBLEE NATIONALE !
POUR UN GOUVERNEMENT DE GAUCHE AVEC UN VRAI PROGAMME SOCIALISTE !