International -
MJC 31
- 11 avril 2006
Si l’on se fit aux « informations » colportées par les grands médias, Hugo Chavez, le président de la république bolivarienne du Venezuela, est présenté comme un populiste, voire un dictateur. Mais il n’en est rien. Arrivé au pouvoir par les urnes en 1998, il engage aussitôt un vaste programme de réforme progressiste qui se heurte tout aussi vite à une opposition féroce de l’oligarchie locale et de l’impérialisme américain, qui se montre prêt à tout pour renverser le nouveau gouvernement. Chavez et son mouvement auraient été balayé par l’opposition si celle ci n’avait pas sous estimé un facteur déterminant : la mobilisation du peuple vénézuélien.
On peut penser ce que l’on veut de Chavez, il n’empêche que c’est lui qui a ouvert les vannes de la révolution. En faisant preuve d’un immense courage, en se confrontant ouvertement à l’oligarchie et en défiant l’impérialisme nord-américain, il a libéré des forces énormes, retenue pendant des générations dans les profondeurs de la société vénézuélienne. Pour la première fois en près de deux siècles, les masses ont le sentiment que le gouvernement est entre les mains de gens qui souhaitent défendre leurs intérêts. Jusqu’alors, le gouvernement a toujours été un pouvoir qui leur était étranger ou hostile. Elles ne veulent pas du retour des vieux partis corrompus. Les habitants des bidonvilles, les chômeurs, les travailleurs, les paysans, les indigènes et les noirs se sont arrachés de leur apathie et se sont levés. Ils ont découvert un nouveau sentiment de dignité, un nouvel espoir. Elles ont goûté à la liberté et ne veulent pas le retour du vieil esclavage. Elles aspirent profondément à un changement fondamental de la société. Et dans leur esprit, ce grand rêve de changement s’incarne en un seul homme : Hugo Chavez. Et si l’oligarchie est prête à tout pour le renverser, les masses de la population sont prêtes à tous les sacrifices pour qu’il reste au pouvoir.
Le 12 avril 2002, les forces réactionnaires organisent un coup d’état. Le président Chavez est kidnappé, un nouveau gouvernement est mis en place, aussitôt reconnu par Washington, qui durera…48 heures ! La puissante mobilisation de la population a permis de renverser les putschistes. Du jamais vu dans l’histoire !
L’opposition change alors de méthode et lance une série de « grèves ». C’est en fait une série de lock-out patronaux, visant à saboter l’économie et ainsi déstabiliser le gouvernement Chavez. L’intervention des travailleurs à alors été cruciale : ils n’ont pas hésité à occuper les usines fermés et à y ont organisé eux même la production.
La dernière tentative de l’opposition pour destituer Chavez remonte au référendum révocatoire de 200 ?. Mais là aussi, malgré de nombreuses fraudes et une horrible campagne de diffamation menée contre Chavez, l’oligarchie s’est fait écraser et Chavez a remporté le référendum avec plus de 60% des voix !
Ces différentes interventions de la masse de la population et la puissance de leur mobilisation font de ces événements un véritable processus révolutionnaire ! Le fouet de la contre révolution n’a fait qu’impulser ce processus, qui se radicalise chaque jour davantage. Chavez lui-même en est arrivé à la conclusion, non à partir de livres théoriques mais à partir des faits eux même, que le capitalisme ne peut être dépasser dans le cadre du capitalisme lui-même, par de simples réformes comme il le pensait possible au début, mais « par le socialisme, le véritable socialisme ».
Aujourd’hui, la révolution bolivarienne n’est pas hors de danger : elle constitue non seulement une provocation pour l’impérialisme américain mais aussi une menace. L’enthousiasme que génère une révolution est contagieux. L’aboutissement de celle du Venezuela, par les temps qui courent, pourrait signifier le début de la fin pour classes dominantes de chaque pays. Les grands capitalistes voient donc là, et ils ont raison, une menace contre leurs propres intérêts. Tout les moyens dont ils disposent sont tourné vers ce seul but : étouffer la révolution bolivarienne, et ce par n’importe quel prix. C’est pour cela qu’un véritable mur de silence entoure la révolution bolivarienne. Nous nous devons de briser ce mur !La jeunesse et les travailleurs doivent savoir ce qu’il se passe réellement au Venezuela !
Boris Campos, Jc Saint-Orens